One Planet Summit : Macron donne rendez-vous l’an prochain pour une «réunion de chantier»

 In U.S.

Une mini-COP (conférence onusienne sur le climat). Avec son fourmillement d’acteurs du monde entier, c’est l’impression que donne le One Planet Summit organisé dans les bâtiments de la Seine musicale sur l’île Seguin, mardi. Seulement trois semaines après la COP 23 de Bonn, les regards se tournent vers le secteur privé pour ce sommet consacré à la finance verte et organisée par le président français, la Banque mondiale et l’ONU.

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20h20 : une dernière photo de famille pour «refuser le fatalisme»

Après avoir déroulé les douze engagements pris lors du sommet par les entreprises, collectivités, Etats, institutions publiques ou philanthropes, Emmanuel Macron a demandé à tous ces acteurs de les «compléter». «Aujourd’hui, nous avons lancé la coalition des coalitions, celle des acteurs. Je propose de créer à l’issue de ce sommet la One Planet Coalition. (…) A la fin de l’année, on va lancer une plate-forme, un site One Planet, où tout (chaque engagement, ndlr) sera recensé», en toute transparence, a-t-il promis.

Visiblement, l’exercice du jour lui a plu, puisqu’il a déjà fixé un nouveau rendez-vous : «Je souhaite que chaque année nous nous retrouvions sous ce format. Nous avons besoin chaque année d’avoir une réunion de chantier». Et de conclure, avant une ultime photo de famille, entouré de 180 enfants et d’une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, avec le ton lyrique et enflammé propre à ses fins de discours : «Merci d’avoir décidé collectivement de refuser le fatalisme, et de gagner cette bataille collectivement, avec détermination et avec force, en prenant des engagements et en les tenant !». 

19h19: Bill Gates et les «nouvelles semences»

Salué «en particulier» par Emmanuel Macron qui l’a attentivement écouté, le milliardaire américain Bill Gates a annoncé que sa Fondation investira environ 255 millions d’euros pour «aider les agriculteurs d’Afrique et d’Asie à faire face au changement climatique», et que d’autres partenaires suivront.

«Nous pouvons avoir un énorme impact en les aidant à augmenter fortement leur productivité et en leur fournissant de nouvelles semences», a lancé l’homme d’affaires, après avoir évoqué les conséquences dramatiques du changement climatique pour ces derniers, qui vont jusqu’à la «famine». Une allusion aux OGM ? L’argument est en tout cas régulièrement repris par la multinationale Monsanto qui espère s’ouvrir de nouveaux marchés sous prétexte de participer à la lutte contre le changement climatique. Il a pourtant été prouvé que de nombreuses semences anciennes oubliées et non-génétiquement modifiées aideraient les agriculteurs à s’adapter aux bouleversements du climat.

19 heures, beaucoup d’annonces, mais peu de nouveautés

Macron avait appelé ses homologues internationaux à s’exprimer uniquement s’ils avaient de nouvelles annonces à faire. Pourtant, que ce soit Theresa May, Katrin Jakobsdottir ou Mark Rutte, respectivement les chefs de gouvernement britannique, islandais et néerlandais, ils n’ont répété, à la tribune, que des engagements déjà pris. Le président mexicain Enrique Peña Neto a été applaudi pour le lancement d’un marché carbone étendu sur le continent américain, sans les Etats-unis, mais avec la Californie et l’Etat de Washington. L’annonce avait déjà été faite et le chef d’Etat n’a pas précisé quel serait le prix du carbone moyen dans ce projet, s’il serait compris entre 50 et 100 euros la tonne de CO2. Un élément pourtant nécessaire pour garantir le succès de l’initiative.

De même du côté français, l’Elysée a annoncé une hausse de 1,2 à 1,5 milliard d’euros par an d’ici 2020, pour l’adaptation des pays les plus vulnérables au changement climatique. «C’est encore très insuffisant par rapport à ce que prévoit l’accord de Paris», prévient Armelle Le Comte de l’ONG Oxfam.

Pour Marie Toussaint, présidente de l’association Notre affaire à tous : «Quant à l’aide française à l’adaptation pour les pays du Sud, le gouvernement prévoir 1,5 milliard d’euros par an dès 2020, là où la taxe européenne sur les transactions financières, repoussée par la France en juillet, permettrait de mobiliser 22 milliards d’euros dont une bonne partie serait consacrée à l’adaptation.»

17h30, le solide bilan carbone du roi du Maroc

Bus électriques, bateaux-mouches également non polluants, la France a soigné, dans les moindres détails, le transport des chefs d’Etats présents ce mardi 12 décembre à Paris, pour le sommet sur le climat. Il s’agit d’être exemplaire en matière d’émissions de carbone.

La tonalité n’est pas tout à fait la même pour les conditions de l’arrivée du roi du Maroc. L’avion de Mohammed VI a été précédé par quatre appareils C 130 des forces royales marocaines qui se sont posés sur l’aéroport du Bourget. Dénommées «Hercule», ces machines ne passent pas vraiment inaperçues puisqu’elles mesurent 30 m de long pour une envergure de 40 m. Dans une note en date du 10 décembre, le service du protocole de l’ambassade du Maroc indique que ces avions transportent «les effets personnels de sa majesté le roi et de son altesse le prince héritier». Pas vraiment ce qui s’appelle voyager léger.

Ces volumineux bagages doivent en outre être transportés. Les autorités marocaines ont donc demandé que le tarmac de l’aéroport du Bourget soit accessible pour qu’une cohorte de pas moins de 21 voitures puissent charger «les effets personnels» de la famille royale et les emmener dans leur résidence.

Bizarrement, ni Aéroports de Paris, gestionnaire du Bourget, ni la préfecture de Roissy, ni l’ambassade du Maroc n’ont souhaité réagir à cet important déploiement de moyens pour l’arrivée d’un seul chef d’Etat, parmi la cinquantaine présent durant ces deux jours à Paris. (Franck Bouaziz)

16h08 : Macron fait de l’ombre aux négociations onusiennes

Le président français s’est défendu de faire de la concurrence aux conférences sur le climat des Nations unies, dont la dernière a eu lieu il y a trois semaines en Allemagne. C’est raté. Dans la salle plénière de l’île Seguin, une grande partie des dizaines de chefs d’Etats et de gouvernement présents n’avaient pas pris la peine de venir à la COP 23. Bien que les Nations unies et la Banque mondiale ont coorganisé le sommet, c’est Emmanuel Macron qui a fait le premier discours. Avant Antonio Guttieres, et après la diffusion d’une courte vidéo convoquant rien moins que Gandhi, Einstein, Mère Teresa, Luther King ou Mandela. Le discours de Macron a été déclamé sans texte, le sourire aux lèvres, comme s’il improvisait : «Je remercie tous mes homologues d’être venus. Je sais que certains ont des difficultés à la maison. On passe un très bon moment ici, mais on ne doit pas oublier qu’on est en train de perdre la bataille.» Et d’inviter à s’exprimer uniquement ceux qui auront des engagements concrets à annoncer.

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